Conciliation, Drôles d'enfants, Être parent, Parentalité
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Une histoire de popsicle

Mon chum et moi, on est vraiment dans une passe rushante professionnellement cet été. Pour faire une histoire courte, on travaille tout le temps. C’est simple de même.

Lui, il part à 6h du matin et ne revient pas avant minuit. Donc, moi, je m’occupe d’Henri et Martha le matin et le soir, en plus de travailler, thank God, de la maison. Mais, là ou ça se corse, c’est quand je dois travailler le samedi et le dimanche, c’est-à-dire les jours où y’a pas de garderie, et que je suis en mode soloparental. C’est vraiment tout un défi, mais honnêtement, entre deux moments de découragement et d’auto-tirage de cheveux sur la tête, y’a parfois du drôle et du doux qui se glissent.

Le doux, justement, il est venu au retour d’une promenade à l’épicerie (on n’avait plus de pain et de lait, super, avec deux enfants), ce week-end.

Promesse et sucette glacée.

Y fait chaud, on sue (moi plus que tout le monde, oui, je suis la mère qui doit traîner un bâton de déo dans sa sacoche, merci, les hormones), on marche un peu péniblement tous les trois pour revenir à la maison. Les enfants s’accrochent à la promesse que, s’ils écoutent les consignes (genre, pas s’écraser en pleurant sur le trottoir), ils pourront manger des pops en arrivant.

On a beau avoir chaud et être déshydratés, Henri, lui, n’arrête pas de parler. (Il n’arrête jamais d’ailleurs, cet enfant est une machine à parole. Il crie plus qu’il ne parle, je sais pas combien de fois il faut lui dire par jour : « Henri, crie pas, je suis juste à côté de toi ».) Je suis un peu tannée de son flot ininterrompu, j’ai juste hâte qu’il se mette un popsicle dans la bouche afin d’avoir la paix deux secondes pour pouvoir envoyer les présentations qu’il faut que je livre à ma cliente au plus sacrant.

Une fois arrivés au pas de la porte, je l’avoue, je ne suis déjà plus vraiment « avec eux », je suis dans ma tête à m’élaborer un plan de match, et tout ce que j’entends vraiment de la « conversation », c’est blablablacacablablacaca.

Puis, un retentissant : « MAMAAAAAN? TU SAVAIS QUEEEEEE… » se fait entendre. Je lui coupe la parole et lui dit : « Henri, es-tu capable de parler moins fort? »

Il me regarde tout doucement, même pas insulté par mon ton de mère-à-boutte, et me répond du tac-o-tac : « Mais, maman, c’est sûr que je parle fort, je parle avec mon cœur. »

Yeux dans l’eau.

Puis-je vous dire que j’ai ravalé mes paroles, pris un pops moi aussi et que je suis allée le déguster-regarder-dégouliner avec eux sur le balcon? Les power point, ça pouvait attendre, finalement.

Henri et Martha sur le balcon

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