Tous les billets publiés dans: Être parent

Je suis une maman oiseau

Je n’aime pas beaucoup me faire mettre dans une catégorie. Je suis une personne avec beaucoup de paradoxes, assez complexe et pas mal nuancée. En tant qu’humaine et en tant que mère. Je dirais même plus en tant que mère. Je ne veux pas de case. Les noms de catégories me font toujours rire, pas leur fondement, mais le dogme qui vient avec le nom de ladite catégorie. « Je pratique l’attachement parenting » qu’on me dit parfois. Dans ce temps-là, je souris niaiseusement, car tout ce que j’ai envie de répondre en blaguant c’est : « Je pratique le detachment parenting, t’sais, je les haïs, mes enfants. » On m’a déjà dit : « Chez nous, on fait du slow parenting » et j’avais envie de rigoler en disant que : « Chez nous, c’est du fast parenting, parce que prendre le temps, c’est dépassé » #poudoumtish. Quand on me parle des parents-hélicoptères, je ris encore, car je me demande comment on appelle celui qui n’est pas impliqué dans la vie de son enfant. Un parent sous-marin? En fait, je suis …

Comment se faire plein d’amis parents, partie 2 : le small talk

Vous avez donc osé aborder cette mère à l’air sympathique au parc. CHAPEAU! Après les remarques et les compliments sur vos enfants respectifs, qu’est-ce qu’on fait? De quoi parle-t-on? Bien souvent, de rien. On dit des mots, mais c’est seulement pour meubler le silence et déjouer le malaise. On fait du small talk. « On l’a-tu l’beau temps, hein? » « Ah ben, la Ville a taillé les arbres. » « Pis, quoi de neuf à part de ça? » #killmeplease Toutefois, j’ai appris récemment que le small talk peut aisément se transformer en medium talk si on ajuste un peu les questions qu’on pose à son interlocuteur pour en apprendre davantage sur ce qui est important pour lui, pas seulement connaitre une liste de faits à son sujet. « Creating a sense of intimacy has to do with two things: sharing things that feel close to you and an exploration of value systems », explique la psychiatre Gail Saltz. Voici donc une liste de questions pour vous aider à apprivoiser l’art étrange du small talk sans vous aliéner. Et si vous désirez vous tremper l’orteil dans le medium talk, exposez votre …

Comment se faire plein d’amis parents, partie 1 : premier contact

Bon, ça semble être enfin vrai. La belle saison est là pour rester (HOURRA!) et, avec elle, les contacts un peu awkward avec des parents, comme vous et moi, qui vont éventer leurs enfants au parc ou dans des ligues d’activités sportives. Vous savez très bien comment ça se passe. Vous repérez un ou deux parents potables qui pourraient rendre vos moments assis dans le gazon moins pénibles. Vous les observez discrètement du coin de l’oeil en vous demandant si vous devriez les aborder ou pas, d’un coup que vous passeriez pour une creep ou une motivée fatiquante. Qu’est-ce que vous leur diriez de toute façon? Un plate « Il fait beau, hein? » Par dédain du small talk et crainte de l’opinion des autres, vous vous contentez de sourire passivement lorsque leur regard croise le vôtre. Pis dans le temps de le dire, vous avez passé votre été toute seule à surveiller vos enfants et vos notifications sur votre téléphone. Ouais, je le sais très bien comment ça se passe parce que j’ai longtemps été cette mère. J’étais terrorisée à l’idée d’entretenir une conversation avec …

Je dois faire quelque chose de pas correct

Comme une rengaine. Je ne sais plus combien de fois j’ai lu/entendu cette phrase sortir de la bouche de mères autour de moi ces derniers temps. Des mères qui, je vous l’assure, sont pourtant hautement compétentes dans l’incessante tâche mentale, physique et émotionnelle que leur réalité parentale leur demande. « C’est clair que je fais quelque chose de pas correct. » « Je dois pas en faire assez. » « Je manque d’expérience. » « Je sais pas quoi faire. » Et pourquoi, ces phrases? Pas parce que leur enfant a été une peste en public, mais parce que quelqu’un, quelque part, leur a dit que leur enfant était un ange, poli, serviable, sociable, solidaire, amical, attentionné, drôle, d’humeur égale ou quelque chose dans ce genre. Et qu’elles en sont tombées de leur chaise. C’est quoi, il gosse personne autour? Toute la journée à la garderie, il fait pas de crise? Il mord pas les plus jeunes à la récréation? Jamais? Vous me mentez pas, un peu? Ah ben, sacrament. Et la rengaine repart. « Mon enfant est odieux, colérique, agressif juste avec moi, …

Il y a trop de jouets chez moi

Je suis souvent dépassée par l’état du royaume de mes enfants, la cave. Le sous-sol leur appartient presque en entier. Des jouets, il y en a partout : éparpillés, dépareillés. Je suis aussi déroutée par l’état de mon salon. Leurs livres (pour lesquels je fais beaucoup d’espace dans la bibliothèque) traînent partout : pêle-mêle, abîmés. Mais depuis environ trois semaines, la situation a atteint un paroxysme frôlant le ridicule. Mes enfants ne semblent plus savoir avec quoi jouer, ils ne savent plus quoi lire, alors ils s’amusent à lancer, frapper et détruire ce qui leur appartient. J’ai tout essayé. Un jouet, c’est précieux, mon amour. La prochaine fois que tu maltraites un jouet par exprès, tu vas aller t’asseoir. Hey, va t’asseoir! C’était désagréable, mais gérable. Jusqu’à ce que. L’épreuve mondiale de pitchage de livre. Je suis assise avec eux sur le tapis du salon à lire des livres. On en lit plein, on rit, on s’amuse, c’est vraiment chouette. Puis, comme on termine le livre La Chauve-souris, Martha le prend dans ses mains, pour le regarder de …

Trois

Du plus longtemps que je me souvienne, j’ai voulu trois enfants. Trois enfants. Me semble que c’est mon équilibre parfait. Toujours quelqu’un avec qui jouer. Juste ce qu’il faut de places sur le banc autour de la table à dîner. Suffisamment nombreux pour être une grande famille mais pas trop pour ne pas être ensevelis. Les trois petits cochons, la Sainte Trinité, les trois mousquetaires… Un joyeux bordel. Mon chiffre magique. Étrangement, après la naissance de notre deuxième, j’ai rapidement commencé à donner tout notre stock de bébé, ainsi que la totalité de mes vêtements de grossesse. Tout en rêvant au suivant, déjà. Plus incohérent que ça, c’était impossible. À mesure que je dilapidais tout ce qui pouvait servir pour un nouveau-né, Amoureux et moi échafaudions des plans pour accueillir un petit dernier. J’ai refusé le stérilet, eu des grandes discussions avec mes copines, rêvé de grande maisonnée chaotique et imaginé avec émoi ce petit être tout blotti contre moi. Puis, un soir, au coeur de notre tumultueuse routine, je me suis arrêtée et j’ai …

Des larmes sans la chanson triste

Les seins douloureux. Les montagnes russes d’émotions mais le ventre qui se tient tranquille. L’odeur du savon à main intolérable. Une bouffée de chaleur dans un magasin même pas bondé. Un premier doute. Puis un autre. Une date sur le calendrier et toujours rien. Un pipi sur un bâton. Je pleure. Attendre le soir et le montrer en tremblant à l’Amoureux. Un nouveau petit bonheur à deux. À trois. Nos parents, quelques amis proches, notre bonheur contagieux. Je pleure. Des livres, des blogues, des conseils. Médecin? Sage-femme? Accompagnante? Péridurale? Des avis colporteurs qui cognent parfois à la porte sans qu’on ne les ait invités. Appeler l’hôpital convoité. Appeler quelques cliniques associées à l’hôpital convoité. Appeler un autre hôpital. Appeler toutes les cliniques de toute la ville de Montréal. Se faire dire au vingtième appel «Je vous souhaite de la chance». Désespérer. S’imaginer accoucher dans le fond d’une ruelle. Tout à coup, dans la bulle d’amour, le choc de la réalité. Je pleure, je pleure, je pleure. Le prénatest. Le faire ou pas? Tomber sur des …