Tous les billets avec le tag: Grossesse

Des larmes sans la chanson triste

Les seins douloureux. Les montagnes russes d’émotions mais le ventre qui se tient tranquille. L’odeur du savon à main intolérable. Une bouffée de chaleur dans un magasin même pas bondé. Un premier doute. Puis un autre. Une date sur le calendrier et toujours rien. Un pipi sur un bâton. Je pleure. Attendre le soir et le montrer en tremblant à l’Amoureux. Un nouveau petit bonheur à deux. À trois. Nos parents, quelques amis proches, notre bonheur contagieux. Je pleure. Des livres, des blogues, des conseils. Médecin? Sage-femme? Accompagnante? Péridurale? Des avis colporteurs qui cognent parfois à la porte sans qu’on ne les ait invités. Appeler l’hôpital convoité. Appeler quelques cliniques associées à l’hôpital convoité. Appeler un autre hôpital. Appeler toutes les cliniques de toute la ville de Montréal. Se faire dire au vingtième appel «Je vous souhaite de la chance». Désespérer. S’imaginer accoucher dans le fond d’une ruelle. Tout à coup, dans la bulle d’amour, le choc de la réalité. Je pleure, je pleure, je pleure. Le prénatest. Le faire ou pas? Tomber sur des …

Une histoire sans murs

C’est une histoire de petites cloisons de rien du tout. Des voiles qui se soulèvent et qui me font croire que je pourrais presque tendre les doigts vers mon écran, là, maintenant, et effleurer ton visage et tes cheveux du bout des doigts. Une histoire sans murs, une histoire de liens qui se créent tout doucement, en attendant une nouvelle qu’on se relaie en chuchotant.

14 jours avant de savoir

Jeudi PM. J’ouvre mon application qui enregistre le moindre détail de mon cycle menstruel et j’y inscris un petit cœur. On vient de terminer notre « période fertile ». Ce qui m’attend : l’interminable 14 jours avant de savoir si, oui ou non, je suis enceinte. Essayer consciemment de ne pas y penser ne fonctionne pas pour moi, ni de me lancer dans trois mille projets ou d’écouter des séries en boucle sur Netflix (coupable!). Après plus de deux ans de tentatives infructueuses, j’ai enfin réussi à ne plus me demander si j’étais enceinte aux cinq minutes pendant ce désert fatidique. Avec le temps et un peu de discipline, j’ai développé une stratégie qui me permet de traverser cette période avec un calme olympien. Lâcher les forums de discussion S’il y a une chose qui fait angoisser, c’est bien les forums de discussions. Chacune y va de son symptôme et se demande si elle est enceinte. Combien de fois j’ai googlé « mes symptômes + enceinte » dans l’espoir de me retrouver dans un récit? Beaucoup trop souvent. J’ai perdu des heures …

Je suis jalouse, je pense

Je pourrais continuer d’être politiquement correcte et d’appeler ça de l’admiration. Mais j’aurais un peu peur de commencer à me mentir à moi-même. C’est qu’autour de moi, ces temps-ci, des tas d’amies et de connaissances se fabriquent le p’tit 3e, le p’tit dernier, le benjamin. Qu’on me comprenne bien, je les admire, celles qui le font. Mais, je crois que mon sentiment a évolué au-delà du respect. Parce que ça me confronte. Parce que ça me fait réaliser que moi aussi, je voudrais ça, mais que je ne peux pas. Je ne suis pas jalouse de leur 3e bébé, je ne me peux plus d’être heureuse pour elles et pour leur famille respective qui s’agrandit. Mais je suis jalouse de leur force. À un moment, j’ai cru que j’étais jalouse de leur situation, pour ensuite réaliser que ce n’est pas ça du tout. Je l’aime, ma vie. Vraiment beaucoup. Quel privilège, quand même. Non, je ne jalouse pas la situation des autres. Je ne jalouse pas le bonheur ou le matériel. Je n’en suis pas …

Le (jamais vraiment) bon moment

En défaisant des boites qui trainaient depuis mon déménagement, je suis tombée sur un vieux cahier rempli de ma dentelle d’écriture. À l’intérieur dudit cahier, une liste que j’avais dressée en 2004 pour l’oublier aussitôt. Les listes sont les grandes alliées de mon existence. À faire aujourd’hui, épicerie, pour et contre, livres que je veux lire, oeuvres que je veux chanter, mes rêves, cartes de Noël à envoyer, objectifs de la semaine, etc. Griffonnées dans mille agendas, journaux intimes et autres supports électroniques, elles structurent ma tête et mon emploi du temps. Alors que je suis plus que jamais aux prises avec mes tergiversations face à la maternité, voici donc que je tombe par hasard sur celle-ci au détour d’une boite : Avant d’avoir des enfants. Signe, destin, synchronicité? Peu importe, ça m’interpelle. Avant d’avoir des enfants – Trouver le bon papa – Voyager – Faire une folie démesurée – Avoir une carrière bien établie – Avoir une sécurité financière – Habiter une maison douillette (à la campagne?) – Être épanouie, accomplie, heureuse Une fois ces critères remplis, hop! Le bon …

L’appli « Ma grossesse » de Familiprix

Je pense qu’on peut me classer dans la catégorie de femmes qui n’aimaient pas tant être enceintes. Mes deux grossesses m’ont semblé interminables, je ne me suis pas sentie « en forme » une seule journée de ces 18 mois combinés, mais surtout, je n’étais pas bien dans mon corps. Je n’ai donc aucune photo de moi enceinte. En fait, je crois qu’il y en a une dans le fond d’un fichier sur l’ordinateur à mon chum, et il l’avait prise à mon insu à 41 semaines de grossesse, avec mon chandail de pyjama qui ne me faisait plus, en train de manger du gâteau au chocolat, debout dans la cuisine. Pas mon moment le plus glorieux, mettons. Alors, quand Familiprix nous a contactées pour nous faire découvrir leur nouvelle application « Ma grossesse », je suis tout de suite allée voir la section « photo et vidéo» qu’ils y offrent pour les femmes qui ont envie de documenter leur grossesse de manière visuelle (genre, pour faire un montage vidéo pour voir l’évolution de la bedaine!). Et ça m’a comme frappée. …

Un an

Un an déjà que j’ai accouché des jumelles à seulement dix-neuf semaines et trois jours de grossesse. Un an qui a été parfois long, mais qui a passé si vite en même temps. Il y a un peu plus d’un an, jamais je n’aurais pu imaginer ce futur pour nous. Je croyais plutôt qu’aujourd’hui je serais dans le casse-tête de la gestion de ma fille dans son terrible two avec dans les bras deux bébés de sept mois. Je croyais avoir à apprendre à trouver des techniques pour tout faire en double. Je croyais que notre vie allait être un tourbillon, et j’avais peur. Mais j’étais tellement heureuse. Je savais que ça serait difficile. Mais je les voulais ces difficultés. Jamais je n’aurais cru avoir à vivre avec le vide de ne pas pouvoir bercer mes bébés. De ne pas pouvoir apprendre à gérer deux bébés en même temps. Mes amours, c’est tellement plus difficile de vivre sans vous que ça aurait été de m’occuper de vous. Quand j’ai accouché et lors des semaines qui …